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Terrorisme - Attentat de Nice

Terrorisme - Attentat de Nice

Publié le 15 juillet 2016
Déclarations des autorités francaises à la suite des événements de Nice

• Conseil des ministres - Point sur la situation après l’attentat de Nice. (Paris, 19/07/2016)
• Le président François Hollande s’est exprimé à l’issue de la réunion de la cellule interministérielle de crise. (Paris, 15 juillet 2016)
• "La France ne cèdera pas à la menace terroriste". - Déclaration de Manuel Valls, Premier Ministre (Paris, 15 juillet 2016)
•Déplacement du Président de la République à Nice à la suite de l’attentat. (Nice, 15 juillet 2016)

Conseil des ministres - Point sur la situation après l’attentat de Nice - Lutte contre le terrorisme (Paris, 19/07/2016)

Le Premier ministre, la ministre des affaires sociales et de la santé, le ministre de la défense, le garde des sceaux, ministre de la justice, le ministre de l’intérieur et la secrétaire d’État chargée de l’aide aux victimes ont présenté un état de la situation, à la suite de l’attentat commis à Nice le 14 juillet dernier.

1) Une mobilisation de tous face à l’attentat commis à Nice.

À ce jour, le bilan actualisé des victimes de ce nouvel acte de terrorisme est de 84 personnes décédées, dont 13 mineurs et 308 personnes blessées. 70 d’entre elles sont toujours hospitalisées et 19 ont un pronostic vital encore engagé.

S’agissant des victimes décédées, les opérations de médecine légale, visant à déterminer avec certitude les causes de chaque décès, sont achevées. La réalisation d’autopsie judiciaire a été limitée à 12 cas dans lesquels la cause du décès a été jugée complexe par les médecins légistes, des examens externes et le recours à l’imagerie médicale ayant suffi dans les autres cas.

Les certificats de décès et les permis d’inhumer peuvent donc être délivrés dès que l’identification des personnes décédées est établie par la commission d’identification, dont le rôle est d’établir de manière certaine l’identité des victimes décédées afin d’éviter tout risque d’erreur dans la restitution des corps.

La mise en place d’une procédure accélérée et l’activation de l’Unité nationale d’identification des victimes de catastrophes (UNIVC) ont permis de mobiliser le laboratoire mobile d’analyses ADN de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale et d’obtenir ainsi un gain de temps important.

Ainsi, 69 victimes décédées ont été formellement identifiées et 52 permis d’inhumer ont été délivrés. Le processus de présentation des corps aux familles qui l’ont sollicité est en cours, et les premiers corps ont été restitués hier matin.

Cet acte confirme une nouvelle fois le niveau extrêmement élevé de la menace terroriste à laquelle la France est confrontée, ainsi que la nature protéiforme de cette menace : des actions d’ampleur, planifiées, telles que celles de Paris en 2015 ; des actes isolés, menés par des individus agissant de manière plus ou moins autonome comme cela semble avoir été le cas à Nice.

Le drame de Nice rappelle que l’ensemble du territoire peut être visé. Il met aussi en lumière l’extrême rapidité des processus de radicalisation. Il confirme enfin l’efficacité de la propagande de Daech, en particulier auprès de personnes psychologiquement fragiles, puisque le mode opératoire utilisé par l’auteur - le recours à un véhicule-bélier - est préconisé de longue date par la propagande djihadiste.

Le Premier ministre a salué la mobilisation et le travail remarquable des personnels de l’État à la suite de cet attentat : policiers qui ont neutralisé l’auteur de cette barbarie avec courage et sang-froid ; personnels de secours et de santé qui ont accompli leurs missions dans des conditions particulièrement éprouvantes ; personnels de la préfecture des Alpes-Maritimes et de la Cellule interministérielle d’aide aux victimes (CIAV), magistrats et policiers en charge de l’enquête.

Tous les services de l’État ont répondu avec sang-froid et grand professionnalisme à cet acte odieux, garantissant notamment une prise en charge des victimes immédiate et efficace. Les retours d’expérience opérés à la suite de chacun des drames que la France a connus au cours des derniers mois ont permis d’apporter une réponse à la hauteur de ce tragique événement.

Il convient aussi de saluer la mobilisation des associations d’aide aux victimes du réseau INAVEM et des représentants des associations de victimes (FENVAC) qui ont également rejoint la cellule de crise ainsi que le centre d’accueil des familles.

Le Premier ministre a rappelé que l’objectif des terroristes est de déstabiliser la démocratie et d’anéantir les valeurs de la République en usant sciemment de la barbarie. Il n’est d’autre réponse que l’exigence commune du refus des clivages partisans, pour servir avec dignité et raison l’État de droit.

2) L’enquête sur cet acte de terrorisme.

Le ministre de la justice, garde des sceaux a indiqué que la section anti-terroriste du parquet de Paris s’est saisie des faits quelques heures après leur commission et a ouvert une enquête des chefs :

  • d’assassinats et tentatives d’assassinats en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste ;
  • tentatives d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste ;
  • association de malfaiteurs terroriste en vue de préparer des crimes d’atteintes aux personnes.

S’agissant de l’enquête, le travail considérable réalisé depuis 4 jours par les enquêteurs sous l’autorité des magistrats du parquet de Nice, dans les premières heures, puis de la section anti-terroriste du parquet de Paris, a permis à l’enquête d’avancer à un rythme soutenu.

Plusieurs gardes-à-vue sont toujours en cours, ainsi que de nombreuses investigations sur les SMS et les appels téléphoniques passés par le terroriste le jour des faits et les jours précédents.

Les investigations permettent à ce stade d’établir le caractère prémédité de l’attentat.

Quels que soient les liens de l’auteur des faits avec l’organisation terroriste Daech, qui a revendiqué cet acte le 16 juillet, il est établi qu’il s’agit d’un acte terroriste, c’est-à-dire un acte qui, selon la définition du droit pénal français, a « pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation et la terreur ».

3) L’action des professionnels de santé et la prise en charge des victimes.

La ministre des affaires sociales et de la santé a souligné l’extraordinaire travail des professionnels de santé. 330 patients au total ont été pris en charge dans les établissements de santé de Nice (CHU de Nice, hôpital Lenval, clinique du Parc Impérial, clinique Saint-Georges) et des villes proches : Antibes, Martigues, Cagnes-sur-Mer, Cannes, Grasse, Saint-Laurent-du-Var, ainsi que le HIA Ste-Anne à Toulon et le CH de Monaco qui ont accueilli des patients dans le week-end.

L’excellence du système de santé a, encore une fois, été démontrée. Elle n’est pas le fruit du hasard : au-delà du professionnalisme reconnu de tous les acteurs, la formation des intervenants et les exercices d’entraînement qui se sont multipliés partout en France depuis le début de l’année 2016, ont notamment permis d’améliorer la capacité du système de santé à faire face à des évènements de nature exceptionnelle, en tenant compte des leçons des attentats de Paris en novembre 2015.

Parce que l’accompagnement des victimes et de leurs proches ne s’arrête pas aux soins immédiats, une attention particulière est portée à la prise en charge médico-psychologique. Les professionnels du réseau des cellules d’urgence médico-psychologiques de la France entière se sont immédiatement mobilisés pour intervenir auprès de la population traumatisée. Ce sont plus de 60 professionnels psychiatres, pédo-psychiatres, psychologues et infirmiers spécialement formés à la psychiatrie de catastrophe, qui sont actuellement opérationnels en 6 différents lieux d’accueil pour les familles des victimes et pour toutes les personnes qui en ressentent le besoin. Ils ont d’ores et déjà pris en charge plus de 500 personnes. Ce dispositif s’intègre pleinement au réseau des professionnels des établissements de santé de la région niçoise.

Enfin, le gouvernement s’est engagé, et ce à effet immédiat, à ce que les victimes bénéficient d’une prise en charge totale des soins liés aux attentats, pour la durée nécessaire à leur rétablissement. L’Assurance maladie prendra désormais en charge l’intégralité des dépenses des victimes pour les soins liés aux attentats, c’est-à-dire y compris les dépassements d’honoraires.

La secrétaire d’état chargé de l’aide aux victimes a indiqué que, dès la survenance du drame, la prise en charge des victimes a été organisée au sein de la CIAV dirigée par le directeur du centre de crise et de soutien en lien avec elle-même. À Nice, une CIAV déléguée a été mise en place au plus près des victimes et de leurs proches. Leur accès immédiat au Centre d’accueil des familles et au centre universitaire Méditerranée a permis d’apporter un soutien adapté à leurs besoins d’information et d’écoute qualifiée.

La force de l’entier dispositif a reposé dès le départ dans la capacité des acteurs à adapter les moyens et modes d’intervention en fonction des besoins des personnes. Ainsi, la prise en charge vient de se déployer à l’Institut médico-légal de Nice.

L’accompagnement doit se poursuivre à chaque étape. L’efficacité du dispositif nécessite l’anticipation, dès à présent, du suivi des victimes. Le secrétariat d’État est le garant d’une égalité de traitement des victimes et de la continuité de la prise en charge sur l’ensemble du territoire, en s’appuyant sur le réseau des associations d’aide aux victimes de l’INAVEM et sur la FENVAC, d’une part, et sur la plateforme Guichet unique et de déclaration (GUIDE) du secrétariat d’État, d’autre part.

Au-delà de la considération due à l’ensemble des victimes, la solidarité de l’État implique également que le processus indemnitaire intervienne rapidement. Le Fonds de garantie des victimes des actes du terrorisme et d’autres infractions (FGTI) débutera l’octroi de premières provisions dans les jours à venir.

Le comité interministériel de suivi des victimes sera très rapidement saisi afin de vérifier que la prise en charge est conforme aux besoins exprimés et d’en rendre compte aux citoyens.

4) La lutte contre le terrorisme.

Le ministre de l’intérieur a rappelé, que depuis 2012, le gouvernement mène une action complète et déterminée contre le terrorisme djihadiste pour protéger les Français de ce fléau. Il a indiqué que le gouvernement a d’abord procédé à une mobilisation totale des forces, en rehaussant les effectifs : 9.000 emplois de policiers et de gendarmes recréés sur l’ensemble du quinquennat, dont 1.900 pour le renseignement intérieur. Un nouveau schéma national d’intervention des forces rapides (RAID, GIGN, BRI) sur l’ensemble du territoire a été mis en place, ainsi qu’un plan de modernisation de l’équipement et de l’armement des primo-intervenants, policiers des brigades anti-criminalité (BAC) et gendarmes des pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG). Cela a été rendu possible par une augmentation de 17% des crédits de fonctionnement des forces de sécurité intérieure.

Les services de renseignement ont été réformés par la création, en 2014, de la Direction générale de la sécurité intérieure et du Service central du renseignement territorial, et en 2015 de l’État-Major opérationnel de Prévention du terrorisme. Le fichier de signalement des personnes radicalisées à caractère terroriste, créé en 2015, permet d’assurer un suivi permanent de 12.000 individus.

Les outils juridiques ont été adaptés en continu, par l’adoption de trois lois antiterroristes et d’une loi relative au renseignement. La loi de décembre 2012, conjuguée à l’action des services de police et de renseignement, a déjà permis d’ouvrir plus de 300 procédures judiciaires à l’encontre de plus de 1 200 Français impliqués dans des filières djihadistes. Celle de novembre 2014 a créé l’interdiction de sortie du territoire (366 interdictions de sortie du territoire (IST) déjà notifiées), l’interdiction d’accès au territoire (158 IAT déjà prononcées), la fermeture et le déréférencement de sites faisant la propagande terroriste sur la toile. Celle du 3 juin 2016 permet l’utilisation, dès le stade de l’enquête préliminaire, de moyens spéciaux d’enquête, comme la sonorisation de lieux privés, l’utilisation d’imsi-catcher, le recours élargi aux perquisitions de nuit.

Dès avril 2014, un plan global de lutte contre les filières djihadistes a été lancé, avec un volet prévention conséquent comportant notamment la création d’un numéro vert pour les familles, qui a déjà permis de signaler plus de 5.000 individus, et d’empêcher de nombreux départs.

Le Premier ministre a annoncé le 9 mai 2016 un plan de 80 mesures pour lutter contre la radicalisation et contre le terrorisme, avec notamment la création d’un centre de réinsertion et de citoyenneté par région d’ici fin 2017. Le premier Centre de réinsertion et de citoyenneté ouvrira le 1er septembre en Indre et Loire. Contre le discours radical islamiste, 80 mesures d’expulsion ont été prononcées depuis 2012 à l’encontre de prêcheurs de haine ou de pseudo-imams autoproclamés. Dix mosquées ou salles de prières radicalisées ont été fermées.

Au plan européen, sous l’impulsion de la France, des mesures indispensables ont été adoptées : une modification de l’article 7-2 du code Schengen permettant un renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l’Union, la création d’un corps de garde-frontières et de garde-côtes européen, la révision de la directive sur les armes à feu, et l’adoption du PNR.

Cette action résolue donne des résultats : 16 attentats ont été déjoués sur le territoire national depuis 2013. 160 individus en lien avec des activités terroristes ont été arrêtés depuis le début de l’année en France, grâce à l’action des services. Depuis le rétablissement des contrôles aux frontières au soir du 13 novembre, 48 millions de personnes ont été contrôlées à l’ensemble des frontières terrestres, aériennes et maritimes de la France, et 28.000 individus ont été empêchés d’entrer sur le territoire. Le gouvernement est déterminé à poursuivre et à amplifier cette action, dans le respect des règles démocratiques, de la cohésion nationale, au seul service de la sécurité des Français et de la défense de la France.

Le ministre de la défense a rappelé l’engagement des forces armées dans les opérations Sentinelle et Chammal.

Créée après les attaques terroristes de janvier 2015, l’opération Sentinelle, qui mobilise en permanence sur le territoire national de 7.000 à 10.000 soldats, sera portée à son niveau d’engagement maximal, soit 10.000 hommes. Cette mobilisation des forces armées va notamment contribuer à sécuriser les manifestations publiques estivales ainsi que les frontières, en coordination avec les forces de sécurité intérieure. Ces missions s’ajoutent aux multiples patrouilles protectrices et dissuasives que les militaires de l’opération Sentinelle mènent pour sécuriser l’ensemble du territoire. Les membres de la réserve opérationnelle des armées participeront également à l’opération Sentinelle en accomplissant une part significative de ces missions et de ces déploiements. Face à un niveau de menace exceptionnel, le ministre de la Défense salue l’engagement des forces armées pleinement mobilisées et les remercie pour leur professionnalisme et leur abnégation.

En Irak et en Syrie, les militaires français de l’opération Chammal accomplissent une mission essentielle au sein de la coalition internationale pour lutter contre l’organisation terroriste État islamique. Chaque jour, les soldats agissent dans ces deux pays que ce soit par des actions de formation des forces locales, notamment à Bagdad et à Erbil en Irak, mais aussi par une participation active aux missions aériennes de reconnaissances et de frappes en appui des forces soutenues par la coalition. Le ministre de la défense se rendra à Washington les 20 et 21 juillet pour préparer, avec les membres de la coalition, les prochaines batailles contre Daech en Irak et en Syrie. Cette action, qui vise à priver Daech de ses bases arrières depuis lesquelles il planifie des attentats contre nous ou diffuse des directives générales pour des terroristes isolés, est un élément clé de notre stratégie d’affaiblissement de sa capacité de nuire sur notre territoire. Cette action entre dans une phase décisive qui doit permettre la reprise de Mossoul en Irak et de Raqqah en Syrie./.

Déclaration du Président de la République, François Hollande

Le président François Hollande s’est exprimé à l’issue de la réunion de la cellule interministérielle de crise.
Paris, 15 juillet 2016

L’horreur... L’horreur de nouveau vient de s’abattre sur la France.

A Nice, cette nuit, un camion a foncé sur la foule rassemblée pour le feu d’artifice du 14 juillet, avec l’intention de tuer, d’écraser et de massacrer.

Nous déplorons à l’instant où je parle 77 victimes dont plusieurs enfants et une vingtaine de blessés en urgence absolue. Cette attaque, dont le caractère terroriste ne peut être nié, est encore une fois d’une violence absolue.

Il est clair que nous devons tout faire pour que nous puissions lutter contre le fléau du terrorisme.

Le conducteur a été abattu. Nous ignorons à cet instant aussi s’il avait des complices mais nous faisons en sorte que son identification, qui va être vérifiée, puisse nous mettre sur ses pistes éventuelles.

La France a été frappée le jour de sa fête nationale, le 14 juillet, symbole de la liberté, parce que les droits de l’Homme sont niés par les fanatiques, et que la France est forcément leur cible.

J’exprime au nom de la nation éplorée notre solidarité à l’égard des victimes et de leurs familles.

Tous les moyens sont déployés pour venir en aide aux blessés. Le Plan blanc qui mobilise tous les hôpitaux de la région a été déclenché. Après Paris au mois de janvier 2015, puis au mois de novembre de l’année dernière, avec Saint-Denis, voilà que Nice est à son tour touchée. C’est toute la France qui est sous la menace du terrorisme islamiste.

Alors dans ces circonstances, nous devons faire la démonstration d’une vigilance absolue et d’une détermination sans faille.

De nombreuses mesures ont déjà été prises. Notre arsenal législatif a été considérablement renforcé. Mais nous devons, puisque nous sommes dans une période estivale, rehausser encore notre niveau de protection.

Aussi, j’ai décidé, sur proposition du Premier ministre et avec les ministres concernés - de la Défense comme de l’Intérieur - d’abord que nous allons maintenir à un haut niveau l’opération Sentinelle, celle qui permet de mobiliser 10.000 militaires, en plus des gendarmes et des policiers.

J’ai également décidé de faire appel à la réserve opérationnelle, c’est-à-dire à tous ceux qui à un moment ont été sous les drapeaux ou ont été dans les effectifs de la gendarmerie pour venir soulager les effectifs de policiers et de gendarmes. Nous pourrons les déployer sur tous les lieux où nous avons besoin d’eux et en particulier pour le contrôle des frontières.

Enfin, j’ai décidé que l’état d’urgence qui devait prendre fin le 26 juillet serait prolongé de trois mois. Un projet de loi sera soumis au Parlement d’ici la semaine prochaine.

Rien ne nous fera céder dans notre volonté de lutter contre le terrorisme et nous allons encore renforcer nos actions en Syrie comme en Irak. Nous continuerons à frapper ceux qui justement nous attaquent sur notre propre sol, dans leurs repaires. Je l’ai annoncé hier matin.

Un Conseil de Défense se tiendra demain. Il examinera toutes les mesures que nous avons déjà prises et que je viens d’annoncer. Il permettra ainsi le déploiement de tous les effectifs nécessaires dans tous les sites et toutes les villes, où nous avons besoin de protection et de vigilance.

Je me rendrai avec le Premier ministre à Nice à la suite de ce Conseil de Défense pour soutenir la ville, ses élus, dans cette épreuve et pour mobiliser tous les moyens nécessaires.
La France est affligée par cette nouvelle tragédie. Elle est horrifiée par ce qui vient de se produire, cette monstruosité qui consiste à utiliser un camion pour tuer, délibérement tuer, des dizaines de personnes qui venaient simplement pour fêter le 14 juillet.

La France, elle est éplorée, elle est affligée mais elle est forte, et elle sera toujours plus forte - je vous l’assure - que les fanatiques qui veulent aujourd’hui la frapper.

"La France ne cèdera pas à la menace terroriste", Déclaration de Manuel Valls, Premier Ministre

Sous la présidence et l’autorité du chef de l’Etat, nous venons de tenir un Conseil restreint de défense et de sécurité.

La France a une nouvelle fois été frappée par un acte terroriste, lâche et inhumain. Et nos pensées, dans ce moment très difficile, vont aux victimes et à toutes ces familles touchées par ce drame insoutenable ; vont aussi vers la ville de Nice, où nous nous rendrons dans un instant avec le président de la République.

Le terrorisme – et nous le disons depuis longtemps – est une menace qui pèse lourdement sur la France, et qui pèsera encore longtemps. J’avais déjà eu l’occasion de dire que, malheureusement, nous pouvions connaître de tels évènements et qu’il y aurait de nouvelles victimes innocentes.

Nous faisons face à une guerre que le terrorisme nous livre. Le but des terroristes, c’est d’installer la peur et la panique. Mais la France, le président de la République le rappelait hier, est un grand pays et une grande démocratie qui ne se laissera pas déstabiliser.

L’urgence, et c’est ce que nous avons évoqué il y a un instant, c’est bien sûr l’accueil des familles et la restitution des dépouilles de leurs proches, après l’identification. L’ensemble des services de l’Etat sont mobilisés pour aider les familles et les accompagner, dans ce moment particulièrement difficile, sur le plan médical, sur le plan psychologique.

En complément de la gestion opérationnelle de l’évènement, exécutée sous l’autorité du préfet des Alpes-Maritimes et en réaction immédiate à cet attentat, vous le savez, les mesures suivantes ont été décidées :

La cellule interministérielle de crise a été activée.

Le département des Alpes-Maritimes a été placé au niveau « alerte attentat » du plan Vigipirate.

La section anti-terroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête, et je veux donc rappeler que l’ensemble des informations concernant l’enquête seront données par le procureur de la République.

La cellule interministérielle d’aide aux victimes a été activée.

En outre, le président de la République – il a eu l’occasion de le dire cette nuit à nos compatriotes – a décidé le maintien à son niveau maximum de l’opération Sentinelle, ainsi que le recours à la réserve opérationnelle de premier niveau de la gendarmerie nationale. Les effectifs supplémentaires ainsi mobilisés permettront de maintenir, dans la durée, un niveau de vigilance et de protection élevé. Le volume, les délais et les modalités sont en cours de mise en œuvre par la Direction générale de la Gendarmerie nationale.

Enfin, un projet de loi permettant la prorogation de l’état d’urgence pour une durée de trois mois supplémentaires sera présenté en Conseil des ministres, après avis du Conseil d’Etat, mardi prochain, pour que le Parlement puisse examiner ce texte mercredi et jeudi prochains. Là aussi, il s’agit de rester dans cette mobilisation.

Le président de la République a décidé un deuil national, déclaré pour les 16, 17 et 18 juillet en hommage aux victimes. Les drapeaux seront mis en berne sur nos édifices publics dès aujourd’hui.

Suite à ce Conseil restreint de défense et de sécurité, nous voulons dire aux Français, et avec beaucoup de force : nous ne céderons pas. La France ne cédera pas à la menace terroriste. Nous avons changé d’époque ; la France va devoir vivre avec le terrorisme. Et nous devons faire bloc. C’est le message du président de la République. Etre solidaires, faire preuve de sang-froid, collectivement.

La France a été frappée une nouvelle fois dans sa chair, un 14 juillet, jour de notre Fête nationale. On a voulu atteindre l’unité de la Nation française. Alors, la seule réponse digne, responsable de la France sera celle qui restera fidèle à l’esprit du 14 juillet, c’est-à-dire celle d’une France unie et rassemblée autour de ses valeurs. Et nous ferons bloc. C’est la seule exigence qui vaille aujourd’hui.

Mesdames et messieurs,

Nous aurons l’occasion évidemment, tout au long de la journée, de donner un certain nombre d’éléments supplémentaires. Comme vous le savez, le ministre de l’Intérieur et la ministre de la Santé sont déjà sur place, à Nice.

A plus tard, merci.

Déplacement du Président de la République à Nice à la suite de l’attentat

Nice, 15 juillet 2016

Je voulais venir à Nice ce matin après avoir tenu un Conseil de Défense avec le Premier ministre et les principaux ministres engagés dans ce que doit être notre réponse face à cet acte innommable qui a consisté pour un individu à s’emparer d’un camion et de l’utiliser à des fins meurtrières. Pourquoi Nice ? Parce que c’est une ville mondialement connue, une des plus belles villes de la planète. Pourquoi le 14 juillet ? Parce que c’est la fête de la Liberté et c’est bien donc pour toucher la France que cet individu a commis cette attaque terroriste.

Avec le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur, la ministre des Affaires sociales et les élus qui nous ont accompagnés, nous avons voulu d’abord prendre en compte l’organisation aujourd’hui de ce que nous devons faire pour l’ensemble du département et de la ville pour lui assurer une pleine sécurité pour éviter que -s’il devait y avoir des complices- il puisse y avoir la moindre menace pour la population mais nous avons aussi voulu exprimer notre compassion à l’égard des victimes, de leurs familles. Au moment où je m’exprime, 80 personnes sont mortes, 84 exactement et il y a une cinquantaine de personnes qui sont encore en urgence absolue, c’est-à-dire entre la vie et la mort. Parmi ces victimes, il y a des Français, il y a aussi beaucoup d’étrangers venus là-encore de tous les continents et il y a beaucoup d’enfants, de jeunes enfants qui étaient venus assister à un feu d’artifice en famille, pour avoir de la joie, pour partager un bonheur, un éblouissement, et qui ont été ainsi frappés, frappés à mort pour simplement satisfaire la cruauté d’un individu et peut-être d’un groupe.

Nous avons aussi vu les blessés, les nombreux blessés qui ont surtout des images effroyables encore dans la tête et qui, s’ils souffrent dans leur chair, souffrent encore davantage pour cette brûlure psychologique. Il y a même des personnes qui n’ont pas eu de traumatisme physique mais qui porteront longtemps, toute leur vie le traumatisme pour ces images d’horreur qu’ils ont hélas dû partager. Beaucoup m’ont dit qu’ils ne se rappelaient plus de rien, de ce qui avait pu causer leurs blessures mais en revanche, ils se souvenaient de ces corps déchiquetés qu’ils avaient sous les yeux. Voilà pourquoi nous devons, la France tout entière, partager cette émotion, cette solidarité avec les victimes, avec leurs proches, avec leurs familles.

Puis, il y a aussi l’engagement, le courage que nous avons pu une fois encore relever parmi les forces de sécurité toutes mobilisées qui avaient pris toutes les dispositions pour que ce feu d’artifice puisse être autant qu’il était possible protégé -comme cela avait été le cas d’ailleurs pendant l’Euro, ici à Nice- et qui se sont engagées pour neutraliser l’assassin.

J’ai encore là à l’esprit ces jeunes policiers qui ont agi pour que le tueur puisse être tué et ainsi en finir avec le carnage. Oui, ces forces de sécurité pleinement investies, pleinement engagées, n’en pouvant plus par rapport à toutes les sollicitations de ces derniers mois depuis notamment les attentats de janvier et de novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis.

Je veux ici toutes les saluer, ces forces-là qui sont la fierté de la France, la police, la gendarmerie, les services de renseignements, tous ceux qui contribuent à l’investigation, à l’identification.dehors-même de la ville puisque le « Plan blanc » ayant été déclenché, de nombreux établissements ont accueilli les blessés.conduire dans les hôpitaux de la ville et en 
dehors-même de la ville puisque le « Plan blanc » ayant été déclenché, de nombreux établissements ont accueilli les blessés.

Je me suis rendu dans cet hôpital qui a fait face, là-encore, avec des services d’urgence admirables, des médecins qui sont venus alors même qu’ils n’étaient pas en service toute la nuit pour opérer, pour intervenir, pour traiter, pour sauver des vies. D’autres n’ont pas pu l’être mais jusqu’au dernier moment tout a été fait. Et saluer tous les personnels de ces hôpitaux qui ont été d’un dévouement exemplaire.

Puis, il y a tous ces bénévoles, toutes ces associations qui immédiatement se sont également engagés. L’engagement est une leçon que nous devons tirer aussi de cette tragédie, de ce drame, de cette attaque terroriste, une de plus après déjà plusieurs autres ces cinq dernières années.

Nous sommes devant un combat qui va être long parce que nous avons un ennemi qui va continuer à frapper tous les peuples, tous les pays qui ont les libertés comme valeur essentielle.

Alors dans ce combat-là, nous devons compter sur l’engagement de nos forces, de nos services publics, de l’Etat tout entier. J’ai, avec le Premier ministre, depuis plusieurs mois pris les décisions qui étaient nécessaires pour renforcer les effectifs qui hélas avaient été parfois dégradés dans le passé. Mais nous n’en avons pas terminé, et donc nous continuerons à mettre notre vigilance et notre protection au service des Français.

L’engagement, c’est aussi d’être fort. Le monde entier nous regarde une fois encore, nous exprime sa solidarité, nous dit avec des mots de grande amitié, de grande affection à l’égard de la France ce que le monde pense de nous. Le monde pense que nous sommes un pays fort, un pays capable de surmonter toutes les épreuves. Et il y en a eu des épreuves ces derniers mois.

Nous avons donné un bel exemple au monde parce que nous avons été capables d’unité, de cohésion. Et c’est mon rôle, c’est ma responsabilité de ne pas me laisser détourner de l’engagement que j’ai pris au nom des Français, de les protéger, de ne pas m’abaisser à je ne sais quelle outrance, excès, quand il s’agit de répondre et de répondre juste aux défis qui nous sont lancés, en y mettant tous les moyens nécessaires.

C’est à cette unité, à cette cohésion, à cette force-là que j’appelle aujourd’hui à Nice pour que la France soit plus forte que ceux qui nous veulent du mal, qui pensent lui faire du mal, qui lui infligent des souffrances, mais c’est eux le mal que nous sommes capables de vaincre, parce que nous sommes la France rassemblée. Merci.

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