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Madame Annie Seys, Chevalier de l’Ordre national du Mérite

Publié le October 22, 2012
Discours de l’Ambassadeur François Delattre
Résidence de France, jeudi 18 octobre 2012

Mesdames les Conseillères à l’Assemblée des Français de l’Etranger, chère Nicole Hirsh, chère Christiane Ciccone,

Monsieur le Consul général, mon Cher Olivier,

Chère Irène,

Mon Général,

Mesdames et Messieurs les Représentants d’associations, Lucien Stervinou, Victor Obadia, Thomas Chaurin, Alexandre Cournol et son épouse, Brigitte Asfour,

Mesdames et Messieurs,

Mes chers amis,

Chère Annie,

Je suis heureux de souhaiter la bienvenue à chacune et chacun d’entre vous à la Résidence de France, cette belle maison où je vous invite, je le dis très sincèrement et très chaleureusement, à vous sentir chez vous.

Nous sommes réunis ce soir pour entourer et honorer une femme exceptionnelle, notre amie Annie et c’est pour moi, croyez-le bien chère Annie, une grande joie que d’avoir le privilège de vous remettre dans un instant les insignes de Chevalier de l’Ordre national du Mérite, votre légendaire modestie et votre incomparable discrétion dussent-elles en souffrir…

Je voudrais en commençant, associer tout spécialement à cet hommage votre conjoint, Saïd, que je suis très heureux d’accueillir, et vos proches, je pense à vos parents et en particulier ce soir à votre mère âgée et à la santé fragile, qui est en France, et sur laquelle je le sais vous veillez avec tout votre cœur.

Vous êtes, Annie, de celles et ceux que l’on peut qualifier de serviteurs de l’ombre, ceux auxquels la République se doit d’autant plus de rendre hommage qu’ils servent leur pays sans faire de bruit, sans ostentation mais avec passion et en laissant une trace, un sillon profond.

C’est bien sûr l’infatigable présidente du Comité tricolore qui est ce soir mise à l’honneur, mais au-delà c’est la vie d’une femme profondément engagée dans son temps et au service des autres, qui se trouve ainsi justement honorée.

Je voudrais à ce stade rappeler en quelques mots le parcours de notre amie Annie.

Chère Annie, votre grande aventure américaine commence ici, à Washington, en 1971.

Vous répondez alors à une annonce de la Banque mondiale parue dans le journal Le Monde, vous êtes convoquée pour un entretien, vous êtes naturellement très convaincante et vous voilà, vous la jeune fille de Saint-Leu-La-Forêt, au nord de Paris, débarquant à Washington avec la ferme intention d’y poser votre sac tout au plus pour cinq ans.

On connaît la suite ; vous ne quitterez plus les Etats-Unis, vous y compléterez courageusement votre riche parcours universitaire (Georgetown, George Washington University) tout en travaillant, et de la Banque mondiale vous ferez votre seconde famille, puisque vous y effectuerez toute votre carrière pour y passer au total, 41 ans - belle fidélité ! – jusqu’à ce que vous preniez votre retraite à l’été dernier.

A la Banque où vous entrez comme relectrice au bureau de la traduction, vous serez affectée à ce qu’on appelait alors l’Institut de Développement Economique et que l’on appelle aujourd’hui l’Institut de la Banque mondiale. Sa mission est de renforcer et développer les compétences des cadres des pays en voie de développement dans les domaines d’intérêt de la Banque, par le biais de cycles de formations, organisés tant à Washington que dans les pays concernés.

Vous le dites volontiers, avec l’Institut vous avez trouvé la carrière à laquelle vous aspiriez, faite de rencontres et de voyages, d’organisation et d’initiative, de formation dispensée aux autres, bref de cette pâte humaine que vous appréciez tant.
Vous avez été à ce titre la cheville ouvrière de nombreux forums et conférences de la Banque à travers le monde : Marrakech, Le Caire, Manille, Singapour, sans oublier le forum de Shanghai de 2004 sur la réduction de la pauvreté, qu’avaient appelé de leurs vœux le président de la Banque d’alors, Jim Wolfensohn et le président chinois, un succès d’organisation dont vous êtes légitimement fière, car ce fut un travail considérable.

Puisque j’évoque la Chine, je mentionnerai cet autre séjour, rare pour l’époque, que, pour vous remercier de votre contribution, les dirigeants chinois vous ont offert au milieu des années 80 dans un Empire du Milieu qui commençait tout juste à s’éveiller.

Ce séjour, je le sais, reste pour vous un souvenir ineffaçable.

Si la Banque Mondiale est la colonne vertébrale de votre parcours professionnel, elle n’est pas toute votre vie, car vous vous engagez parallèlement corps et âme dans un parcours associatif exceptionnel, auquel vous consacrez toute votre énergie et vos rares heures de liberté.

Ce terreau associatif, c’est un peu votre jardin secret, ce jardin que vous cultivez, je le disais, en toute discrétion, en toute humilité, et que vous cultivez au fond depuis votre enfance.

Par votre éducation et votre contexte familial - je pense notamment à l’engagement de vos parents pour la France, dans l’armée, votre père comme officier parachutiste, votre mère comme assistante sociale -, vous avez toujours eu et nourri en effet le sens des autres, la curiosité de l’autre. Votre esprit d’ouverture et votre quête d’horizons nouveaux, vous en trouverez une belle concrétisation dans le scoutisme, que vous vivrez avec passion. Vous dirigerez du reste la compagnie des Guides de la paroisse de Pantin dans la région parisienne.

Au milieu des années 1980, vous adhérez au bureau de l’Union des Français de l’Etranger de Washington, alors présidé par Jean-Louis Imhoff.

Vous en devenez la présidente en 1986 et le restez 4 ans, jusqu’en 1990. Vous aimez la richesse des échanges à l’UFE et l’aide qu’elle apporte aux familles françaises de DC, toujours plus nombreuses au fil des ans.

S’ouvrent ensuite les très belles pages que vous allez écrire avec le Comité tricolore, créé à l’initiative du Consul général de l’époque, Jean-Yves Defay.

Cette plateforme devient rapidement un vrai phare pour les associations françaises et francophones de Washington, dont le dynamisme suscite notre admiration à tous. J’en veux pour preuve le succès très remarquable du Bastille Day, à travers lequel, chaque année, et en coopération avec les plus grands chefs français de la ville, au moment de notre fête nationale, vous levez des fonds pour venir en aide aux plus démunis de notre communauté.

On ne soulignera jamais assez combien c’est notre responsabilité à tous de savoir identifier et tendre la main à ceux qui, autour de nous, sont dans la détresse ou dans le besoin. Ils sont beaucoup plus nombreux qu’on le croit.

Vous êtes donc membre co-fondateur du Comité tricolore, vous en êtes aussi membre de la commission de solidarité, trésorière à partir de 2003 et c’est tout naturellement que votre nom s’impose pour en prendre la présidence à partir de 2007. Vous y imprimez très vite votre marque.

C’est tout aussi naturellement que votre mandat est renouvelé en 2012, parce que votre style et votre compétence rassurent et forcent le respect.

Ma Chère Annie, derrière votre éternel sourire se cache une grande dame d’une exceptionnelle noblesse de cœur, une passionnée de la grande marche de ce monde que vous avez sillonné, une belle lumière qui rayonne et réchauffe autour d’elle.

Vos grandes qualités humaines et l’énergie communicative que vous déployez depuis tant d’années et avec tant de discrétion au service de la communauté française, et pour créer des ponts entre les Etats-Unis et la France, forcent l’admiration ; je le dis avec toute l’immense sympathie que j’ai pour vous, en y associant bien sûr tous ceux qui vous entourent ce soir et qui veulent ainsi vous témoigner gratitude et reconnaissance pour tout ce que vous faîtes mais aussi pour qui vous êtes.

Alors ma chère Annie, c’est avec beaucoup d’émotion que je vais vous remettre à présent l’une des plus hautes distinctions françaises.

«Annie Seys, au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier de l’Ordre national du Mérite».

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