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Madame Diana Regan et à Sœur Mary-Helen Kashuba recoivent les insignes d’Officier dans l’ordre des Palmes Académiques

Publié le November 20, 2012
Discours de l’Ambassadeur, François Delattre
Philadelphie, Samedi 17 novembre 2012

C’est un grand plaisir pour notre Consul honoraire Michael Scullin, pour notre Attaché de coopération éducative Jean-Claude Duthion et pour moi d’être avec vous aujourd’hui pour honorer deux personnalités exceptionnelles,

deux éminentes enseignantes qui ont marqué et qui continuent de marquer profondément de leur empreinte la communauté éducative francophone de Philadelphie, Madame Diana Regan et Sœur Mary-Helen Kashuba, auxquelles je vais avoir l’honneur de remettre les insignes d’Officier dans l’ordre des Palmes académiques.

It’s my pleasure to be here with you this afternoon to award the decoration of the Palmes académiques to Mrs Regan and Sister Kashuba at the same time. If you don’t mind, I’ll talk most of the time in French because this official decoration aims to reward a distinguished career in the service of French language and culture.

L’Ordre des Palmes Académiques, l’une des plus hautes distinctions françaises, a été créé par Napoléon en 1808. Elle témoigne de la reconnaissance de la République française pour l’ensemble de vos carrières en faveur de l’enseignement du français, de la diffusion et de la promotion de notre langue aux États-Unis, et notamment ici à Philadelphie.

Discours pour Mme Diana Regan, Officier dans l’ordre des Palmes Académiques

Chère Diana Regan,

Voilà dix ans vous étiez déjà distinguée comme Chevalier des Palmes académiques. Votre accession dans l’Ordre d’Officier est la marque de vos exceptionnels mérites.

Ce qui vous singularise, chère Madame, est l’extrême diversité des activités que vous avez menées de front. La remarquable énergie que vous déployez dans toutes vos entreprises, atteste de vos grands talents d’organisatrice, de votre dévouement à la communauté et de votre insatiable curiosité.

En effet, en tant que professeur de français, vous vous êtes mise au service d’un très grand nombre d’institutions.

Depuis votre premier poste à George Washington High School en 1963, vous avez exercé dans six High Schools et dans plusieurs établissements universitaires de renom :

St Joseph’s University, Chesnut Hill College où enseigne actuellement Sœur Koshuba, La Salle University, Rosemont College et, depuis 2006, Immaculata University.

Votre enseignement se distingue aussi par sa créativité :

Vous avez par exemple créé un cours sur « la France de 1940-1944 sous l’occupation allemande » à La Salle University (PA), que vous avez fait suivre d’un voyage-découverte avec vos étudiants en Normandie, en mars 2009.

Le succès de ce cours fut tel
que le Département d’Histoire d’Immaculata University vous a demandé de le renouveler en 2010.

Autre exemple, vous avez obtenu une bourse Rockefeller pour élaborer du matériel pédagogique, des vidéos pour la classe de langue, intitulées « Conversations entre jeunes au sujet des jeunes ».

Éducatrice dans l’âme, vous concevez votre métier comme une mission totale qui va bien au-delà de la salle de cours.

- Pour n’en prendre que quelques exemples, vous avez organisé ainsi de très nombreux voyages scolaires permettant à vos élèves et vos étudiants de découvrir notre pays.

- Vous vous êtes spécialisée dans l’organisation de la fameuse Semaine du français sur la réussite de laquelle vous avez rédigé de nombreux articles.

- Dépassant le seul horizon de l’enseignement du français, vous avez collaboré au Comité chargé de renouveler ce que l’on appelle les « World Language Standards » pour la Pennsylvanie.

Bien au-delà encore, vous êtes une femme d’engagement qui avez servi la communauté éducative de Philadelphie dans de nombreuses associations, et au plus haut niveau de responsabilité.

Vous avez été ainsi Vice Présidente de la Penn State Modern Language Association, Présidente durant 4 ans de la Modern Language Association of Philadelphie and Vicinity, Vice Présidente et Présidente durant 4 ans du chapitre de Philadelphie qui est l’un des plus grands chapitres de l’AATF.

Depuis juillet 2004, vous êtes Présidente de l’Alliance Française de Philadelphie et vous n’y ménagez pas votre peine pour organiser des événements de qualité en relation étroite avec le Consul honoraire, Michael Scullin.

Énumérer les organismes que vous avez dirigés, c’est en quelque sorte passer en revue les principales institutions qui, dans la région de Philadelphie, servent la cause de la langue française.

Vous êtes enfin une femme de culture.

J’en donnerai pour preuve manifeste votre collaboration avec le réputé Kimmel Center for the Performing Arts de Philadelphie, pour la réalisation du projet portant sur les Arts de la scène parisienne de 1910 à 1920, présenté dans le cadre du festival des Arts de Philadelphie de 2011.

Enseignante servant de nombreuses institutions, professeur dynamique militant pour la promotion du français non seulement par la conception de cours originaux, mais aussi par l’organisation d’activités multiples hors de la classe, pédagogue à la fibre d’artiste, que de cordes à votre arc ! Vous avez toujours su associer l’enseignement de la langue française avec l’initiation à la culture et à l’histoire de la France.

Voici autant de raisons qui justifient pleinement que vous soyez honorée aujourd’hui.

Madame Diana Regan, au nom de la République française, j’ai l’honneur de vous déclarer Officier dans l’ordre des Palmes Académiques.

Discours pour Sœur Mary Helen Kashuba, Officier dans l’ordre des Palmes académiques

Sœur Mary Helen Kashuba,

Tous vos amis et vos collègues vous reconnaissent d’éminentes qualités. Celles qui reviennent le plus souvent à votre propos sont la générosité, la force de travail et une curiosité intellectuelle empreinte d’une grande modernité.

J’ajouterai, pour commencer, une fidélité sans faille à vos valeurs et à vos convictions : le mot fidélité ne vient-il pas du mot latin qui a aussi donné le mot Foi ?

Vous avez commencé vos études universitaires à Chesnut Hill College et vous y avez ensuite exercé comme enseignante sans discontinuer depuis 1963 ! Vous avez d’ailleurs consacré un ouvrage Tradition and Risk, à l’histoire de votre chère institution (1999).

Votre bonté foncière envers les autres se manifeste par un extraordinaire dévouement pour vos élèves. Vous avez la réputation de ne pas ménager votre temps pour aider vos étudiants.

Ce don de soi vous a valu de recevoir, comme éducatrice, de nombreux prix. Vous avez été par exemple nommée Meilleure éducatrice de l’année, en 2003, par le Pennsylvania State Modern Language Association.

C’est aussi votre inépuisable énergie et joie de vivre qui forcent l’admiration et le respect.

Votre engagement infatigable pour la cause du français se distingue par le fait qu’il s’inscrit dans la perspective bien plus large de la promotion de la diversité linguistique et culturelle.

Vous êtes actuellement Vice-Présidente de l’AATF (American Association of Teachers of French) et siègez à ce titre au Conseil d’administration où vous avez la réputation d’apporter lors des délibérations une voix mesurée et sage. La preuve en est que vous venez d’être choisie par vos pairs comme la nouvelle Présidente de l’AATF. Vous prendrez vos fonctions à compter de janvier 2013.

Permettez-moi de vous adresser par anticipation mes très chaleureuses félicitations.

Vous avez dirigé en 2010 le comité local chargé d’organiser le congrès annuel de l’AATF à Philadelphie. Sous votre houlette, ce congrès s’est déroulé avec une efficacité incomparable.

Vous n’avez pas seulement servi l’AATF, mais aussi de nombreuses autres institutions réunissant des professeurs de langue étrangère : vous êtes, entre autres exemples, membre du Board de la NorthEast Conference for the Teaching of Foreign Languages et membre d’ACTFL.

Vous avez été également Vice Présidente, puis Présidente de l’American Association of Teachers of Slavic and East European Languages, démontrant ainsi avec force que la cause du français n’est jamais mieux défendue que lorsqu’elle s’inscrit dans la défense de la diversité linguistique et du dialogue des cultures.

Votre force de travail s’appuie en effet sur une ouverture d’esprit hors du commun.

Sœur Mary Helen, vous êtes diplômée en russe et en français.

Vous avez donc mené parallèlement deux carrières, comme enseignante de ces deux langues auxquelles vous avez ajouté l’enseignement du latin.

Vous avez obtenu des bourses pour étudier à Paris ainsi qu’à Leningrad et à Moscou, à l’époque de l’Union soviétique.

Vous avez organisé de nombreux séjours de découverte en Russie et en France, notamment avec le Cours de civilisation française de la Sorbonne. Vous vous trouviez ainsi à Paris en mai 1968, et vous retirez de cette expérience quelque peu mouvementée la matière de quelques articles : La France avant et après mai 68 et Mai 68, May sixty-eight : An Eyewitness Account.

Votre formidable esprit d’ouverture que j’évoquais à l’instant vous a fait organiser cinq voyages d’échange avec un collège de Nagoya au Japon.

Vous avez également obtenu de nombreuses bourses d’études pour la France ou la Russie afin de monter des échanges et des séminaires.

Je soulignerai, pour finir, que votre force de travail vous a permis d’aborder une étonnante variété de sujets dans les plus de 40 articles universitaires parus aux Etats-Unis et à l’étranger : des articles sur la littérature québécoise, l’enseignement du français des affaires, l’évaluation des élèves, l’enseignement de la civilisation, mais aussi les poètes Apollinaire et Péguy, des études sur la Révolution française et l’Union Soviétique.

Vos publications sont souvent empreintes de spiritualité, en particulier celles que vous avez dédiées à la congrégation des Sœurs de Saint Joseph à laquelle vous êtes fière d’appartenir, une congrégation née à Puy-en-Velay en 1650 qui s’installe aux Etats-Unis en 1837. Plusieurs représentantes de votre congrégation sont présentes aujourd’hui et je suis heureux de les saluer.

Tant de talents pour tant de modestie méritait que le gouvernement français vous distingue à nouveau aujourd’hui.

Sœur Mary Helen Kashuba, au nom de la République française, j’ai l’honneur de vous déclarer Officier dans l’ordre des Palmes Académiques.

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