Skip to main content
Syrie – Armes chimiques

Syrie – Armes chimiques

Publié le 4 juin 2013
Déclarations du Ministère des Affaires étrangères

Réponse du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, à une question d’actualité à l’Assemblée nationale
Paris, 5 juin 2013

Monsieur le Député,

J’ai annoncé hier que notre pays avait la désormais certitude que du gaz sarin avait été utilisé en Syrie. Face à ces crimes, nous avions en effet un devoir de vérité. Les tests réalisés par le laboratoire agréé du ministère de la défense sont formels. Du sarin a été utilisé à Jobar entre le 12 et 14 avril et à Sarraqeb le 29 avril.

La présence de résidus de sarin dans le sang et dans les urines recueillies sur six victimes démontre de façon certaine qu’elles ont été exposées à ce gaz qui est 500 fois plus toxique que le cyanure.

Le régime de Bachar Al-Assad est-il à l’origine de ces attaques ? La réponse est oui. Les éléments dont nous disposons, s’agissant de Sarraqeb, permettent de relier avec certitude l’intoxication des victimes et le largage à basse altitude, le 29 avril, par un hélicoptère du régime de petites munitions diffusant une fumée blanche.

Sans perte de temps, nous avons, hier, remis ces informations à la Mission des Nations unies créée pour enquêter sur l’emploi d’armes chimiques en Syrie. Ce matin même, le gouvernement britannique a d’ailleurs confirmé disposer de preuves physiologiques que du sarin a été utilisé. La mission de l’ONU doit avoir accès immédiatement au territoire syrien.

J’ai dit hier que toutes les options étaient sur la table et nous y travaillons avec nos partenaires. Notre objectif c’est la paix. L’urgence c’est que les négociations de Genève puissent démarrer et aboutir à une solution politique afin que les horreurs cessent en Syrie.

Dans cette situation tragique et complexe, Mesdames et Messieurs les Députés, l’attitude la France est cohérente. Vérité sur les faits, pression sur le régime dont les crimes ne doivent pas rester impunis et détermination pour tenir la conférence de Genève II qui doit aboutir dans l’intérêt du peuple syrien./.

 

Déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères
Paris, 5 juin 2013

Syrie – Armes chimiques

Après la déclaration de Laurent Fabius sur l’utilisation du gaz sarin en Syrie, qu’attend la France de ses partenaires ? Comment expliquez-vous l’attentisme de Washington ?

Nous avons transmis les éléments qui prouvent l’utilisation de gaz sarin en Syrie à la commission d’enquête chargée par le Secrétaire général des Nations unies de faire toute la lumière sur ces exactions.

À présent, il est urgent et impératif que le régime de Damas permette aux membres de cette commission d’enquête de pouvoir accéder librement à tout le territoire syrien pour que toute la vérité soit faite sur ces atrocités.

Nous en tirerons toutes les conséquences en concertation avec nos partenaires, avec lesquels nous sommes en contact constant. Toutes les options sont sur la table.

7 - Syrie - Qussair

Est-ce que la France va demander la liberté d’accès de la Croix rouge à la ville de Qussair en Syrie ? Que peut faire la France au niveau humanitaire pour aider les blessés va-t-elle proposer de recevoir ces blessés sur le sol français comme ce fut le cas dans d’autres conflits ?

L’accès de l’aide humanitaire aux populations civiles est essentiel. Nous appelons les autorités de Damas à laisser les organisations internationales humanitaires et les ONG accéder librement à l’ensemble de leur territoire.

Le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies vient de signaler l’urgence de la situation dans la ville de Qoussair et la nécessité que les autorités de Damas permettent l’accès à l’aide humanitaire.

Concernant votre deuxième question, la France a versé, à titre bilatéral, plus de 20 millions d’euros d’aide à destination des populations civiles en Syrie et des réfugiés dans les pays voisins. Nous soutenons plusieurs projets de centres de soins en Syrie en partenariat avec des réseaux de médecins et notamment avec l’Union des organisations syriennes de secours médicaux. Cette aide passe tout d’abord par un appui financier pour la création et le fonctionnement de ces centres ainsi que pour le versement de salaires aux médecins qui prennent d’énormes risques pour assurer les soins. Elle passe aussi par la livraison de médicaments et de produits médicaux.

Syrie - Conférence de Genève 2

Bonjour, pensez-vous qu’une liste de participants soit établie à l’issue de la rencontre tripartite de préparation de Genève 2, ce mercredi ?

Concernant les déclarations de Laurent Fabius sur les armes chimiques, une saisine du Conseil de sécurité est-elle envisagée, selon quelles modalités et quel délai ?

Enfin, savez-vous quel genre de preuves attend l’administration Obama pour pouvoir imputer l’utilisation de sarin à l’un ou l’autre camp ?

La réunion d’aujourd’hui, qui se tient à un niveau technique, a pour objet la préparation de la conférence de Genève 2. Il appartient aux autorités organisatrices de cette réunion de communiquer sur ses résultats.

La saisine éventuelle du Conseil de sécurité des Nations unies fait partie des possibilités envisagées. Comme l’a rappelé hier M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, "toutes les options sont sur la table". Nous sommes en étroite concertation avec nos partenaires sur ce sujet.

Enfin, concernant votre troisième point, je vous invite à interroger les autorités américaines.

Nous avons décidé de communiquer aussitôt à la mission compétente des Nations unies et publiquement les éléments en notre possession. Il serait inacceptable que les coupables de ces crimes puissent bénéficier de l’impunité.

 

Déclaration de M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères
Paris, 4 juin 2013

J’ai rencontré ce matin à mon initiative le Professeur Ake Sellström, chef de la mission d’enquête mise en place par le Secrétaire général des Nations Unies et chargée d’établir les faits sur les allégations d’emplois d’armes chimiques en Syrie.

Je lui ai remis, au nom de la France, les résultats des analyses, réalisées par notre laboratoire désigné par l’Organisation pour l’Interdiction des armes chimiques pour l’identification des toxiques de guerre.

Ces analyses démontrent la présence de sarin dans les échantillons en notre possession. Au regard de ces éléments, la France a désormais la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée.

      haut de la page