Skip to main content
 États-Unis

États-Unis

Publié le 9 juillet 2014
Intervention de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, à l’occasion de la venue de Mme Hillary Clinton
Paris, le 7 juillet 2014

Ma chère Hillary, je voulais vous dire à quel point nous sommes tous extrêmement heureux de vous avoir ici dans cette Maison que vous connaissez. Vous venez ici présenter votre livre et je suis sûr qu’il aura un très grand succès. Cela me faisait plaisir, avec nos amis ici présents et un certain nombre de prédécesseurs aussi avec qui vous avez travaillé, de vous accueillir pour avoir vraiment un échange amical. À la fois parce que - votre modestie dût-elle en souffrir - vous êtes une femme tout à fait exceptionnelle et une amie de l’Europe et de la France.

Une femme exceptionnelle, il n’est pas besoin de s’étendre longtemps sur ce sujet. Ce qui m’a toujours frappé, c’est que les postes que vous avez occupés et les positions que vous avez prises, vous ne les prenez pas souvent pour vous-même mais pour que les femmes aient vraiment un rôle de plus en plus important au sein de la société mondiale. C’est vraiment quelque chose d’extrêmement important. Par ailleurs, j’ai toujours été frappé, pendant le temps trop court où j’ai travaillé avec vous, par ce que l’on appelle en bon Français le « leadership ». Il n’y a d’ailleurs pas de mot pour traduire cette expression en excellent Français mais il est vrai que ce leadership est très impressionnant à la fois par vos compétences et aussi parce que vous avez une autorité naturelle qui fait que, lorsque vous prenez la parole, tout le monde écoute et très souvent, tout le monde suit.

Je voulais vous féliciter de cela. Dans une partie de votre livre que j’ai lu, j’ai vu en particulier que parmi les grands sujets sur lesquels vous vouliez vous investir il y a la question du climat. Vraiment, je serais très heureux que vous continuiez à le faire. Vous savez que l’année prochaine, ici à Paris, nous allons accueillir la conférence mondiale sur le climat et nous avons besoin de tous les soutiens et en particulier du vôtre.

Ce qui me frappe aussi, au-delà de ce leadership, c’est l’amitié que vous avez pour l’Europe et pour la France. J’ai retenu, Hillary, une chanson que j’ai trouvée charmante lorsque vous parlez des relations entre l’Europe et les États-Unis. Cette chanson, me semble-t-il, vous l’avez apprise lorsque vous étiez scout.

« Make new friends but keep the old, one is silver and the other is gold ». Je trouve cela joli et vous ajoutez : « for America an alliance with Europe is worth more than gold ».

Tout est dit et je pense que cette manière d’aborder les choses, c’est celle que nous aimons. Alors, faisons-le et oublions cette fameuse formule française : « Qui aime bien châtie bien ».

Je veux terminer ce court propos en vous disant que j’ai été très impressionné par ce que vous dites sur votre expérience internationale et vous définissez extrêmement bien ce qu’éprouvent ceux qui ont exercé la charge de ministre des affaires étrangères entre l’idéalisme et le réalisme. Je vous cite : « They are times when we do have to make difficult compromises. Our challenge is to be clear-eyed about the world as it is while never losing sight of the world as we want it to become. That is why I don’t mind having been called both an idealist and a realist. I prefer to be considered an idealistic realist ». Je pense que c’est exactement comme cela que beaucoup de ministres des affaires étrangères, en tout cas c’est mon cas, voient leur action en matière internationale.

Voilà les raisons pour lesquelles, chère Hillary, travaillant en permanence avec le président Obama, avec notre ami John Kerry, je suis extrêmementheureux de vous accueillir ce soir. Je sais qu’il y a eu une couverture il y a quelques années, je crois que c’était pour « Time Magazine », avec 2 urnes accompagnant votre photo : une boîte « love her » et une autre boîte différente. Ici, il n’y a que la première boîte.

Et « we know that the best is yet to come ». Donc, bienvenue à vous, nous sommes heureux d’être avec vous./.


Voir la vidéo :

      haut de la page