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Iran et le nucléaire

Publié le 9 janvier 2008
Réponse du Premier Ministre, François Fillon, à une question d’actualité à l’Assemblée Nationale
Paris, le 8 janvier 2008

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

La France, comme toute la communauté internationale, est inquiète de la volonté du gouvernement iranien de poursuivre l’enrichissement de l’uranium en l’absence de programme nucléaire civil identifié et contrôlé. Cette stratégie pose clairement un problème de prolifération nucléaire.

Le président de la République a clairement exposé la position française autour de deux idées principales : nous voulons des sanctions économiques renforcées et nous voulons intensifier les initiatives diplomatiques. Parce que nous pensons, Mesdames et Messieurs les Députés, que toutes les voies du dialogue avec cette grande nation qu’est l’Iran n’ont pas encore pu être explorées, et nous le disons à nos partenaires, et en particulier à nos partenaires américains. Il ne faut ni sous-estimer la détermination des dirigeants iraniens, et elle s’est encore exprimée à la tribune des Nations unies il y a quelques jours, mais il ne faut pas non plus désespérer de la diplomatie. L’exemple de ce qui vient de se produire avec la Corée du Nord nous montre que, parfois, des situations considérées comme définitivement bloquées pouvaient trouver une situation favorable. Le gouvernement français ne ménagera donc aucun de ses efforts pour faire prévaloir une logique de paix et une logique de sécurité au Proche-Orient.

Et je crois, Mesdames et Messieurs les Députés, que pour y parvenir, il doit, avec les autres membres de la communauté internationale, convaincre des grands pays comme l’Iran, avec une civilisation millénaire, que la possession de l’arme nucléaire n’est ni une question de statut international, et n’est en tout cas certainement pas une garantie de sécurité, bien au contraire. Quand on voit le trouble que suscite une telle perspective au Proche-Orient, quand on voit comment la possession de l’arme nucléaire par l’Iran apparaît, dans cette région du monde, comme une menace pour la paix, on ne peut, ensemble, que chercher à convaincre toutes les grandes nations qui cherchent à se doter de l’arme nucléaire, qu’il ne s’agit pas d’une voie d’avenir.

Vous m’avez demandé comment nous allions poursuivre nos efforts. Nous allons le faire d’abord, prioritairement, de manière préférentielle, avec les Nations unies, dans le cadre du Conseil de sécurité. Nous le ferons aussi prioritairement, en nous mettant d’accord avec nos partenaires européens. Et Bernard Kouchner a demandé qu’il y ait une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne sur cette question, dans les meilleurs délais.

Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de sourire de questions, qui sont des questions aussi graves, Mesdames et Messieurs les Députés, au moment où l’ensemble de la France regarde la représentation nationale, il ne me paraît pas que ce soit la bonne attitude à adopter./.

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