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Mort du dirigeant de Daech Abou Bakr al-Baghdadi

Mort du dirigeant de Daech Abou Bakr al-Baghdadi

Publié le 28 octobre 2019
Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et entretien de Mme Florence Parly, ministre des armées, avec le quotidien "Le Parisien"

Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères

Paris, 27 octobre 2019

La mort d’Abou Bakr al-Baghdadi porte un nouveau coup à Daech, à la suite de la chute des dernières emprises territoriales de ce groupe terroriste en mars dernier.

Je salue l’opération conduite par nos alliés américains.

Le combat contre Daech n’est pas terminé et nous devons le poursuivre collectivement, dans le cadre de la coalition contre Daech, en tenant compte des derniers développements régionaux. Ce sera l’objet des prochains échanges que la France a proposé à ses partenaires de la coalition.

Entretien de Mme Florence Parly, ministre des armées, avec le quotidien "Le Parisien"

Paris, 28 octobre 2019

Comment accueillez-vous la nouvelle de la mort de Baghdadi ?

Tout ce qui peut contribuer à affaiblir l’Etat islamique est forcément une bonne nouvelle. Cependant, chacun est bien conscient que la neutralisation d’Abou Bakr al-Baghdadi après sa longue traque ne signifie pas la fin de la lutte contre Daech ni contre le terrorisme. La fin, en février 2019, du califat territorial créé en 2014 par Al-Baghdadi, n’avait déjà en rien signé la fin de Daech puisque, depuis, Daech se reconstitue sous des formes différentes et clandestines. La mort d’Al-Baghdadi est une étape, pas une conclusion.

C’est la mort d’un terroriste mais pas celle de l’organisation ?

Il y a une transformation, mais aussi une reconstitution de l’Etat islamique, lequel est prêt à agir à tout moment. On l’a vu il y a quelques jours lors de l’attaque de la Turquie en Syrie, puisqu’au même moment, l’Etat islamique signait un attentat à Raqqa en Syrie et plusieurs autres ensuite. C’est bien la preuve que Daech n’est pas défait et que c’est un combat qu’il nous faut poursuivre.

Un combat à poursuivre aussi en Asie et en Afrique ?

L’organisation Etat islamique a effectivement proliféré, en Asie du Sud-Est par exemple. Il y a de la part de nombreux mouvements terroristes la volonté de s’approprier le "label" de l’Etat islamique. C’est un combat que la France mène notamment au Sahel, un combat contre le terrorisme qui a des liens avec Daech ou Al-Qaida.

C’est un combat aussi contre une idéologie qui se répand ?

Al-Baghdadi a été, en effet, à l’origine d’un mécanisme de propagande idéologique islamiste efficace qui a poussé des Européens et des Français à rejoindre cette organisation au Levant. Oui, la propagande a été un moyen de recrutement et d’influence très fort. Et bien sûr, la mort d’Al-Baghdadi ne signe pas l’arrêt de cette propagande.

La France peut-elle se sentir néanmoins un peu plus en sécurité aujourd’hui après la mort d’Al-Baghdadi ?

Notre priorité numéro 1 reste la lutte contre le terrorisme et contre Daech. Cela fait des années que c’est le cas. Et ce que nous voulons, c’est assurer une défaite durable de Daech et empêcher sa résurgence. C’est la raison pour laquelle nous avons fermement condamné l’offensive de la Turquie en Syrie. Outre les conséquences humanitaires dramatiques, outre le fait que cette attaque sert de marchepied au régime syrien de Bachar al-Assad, elle fait surtout les affaires de l’Etat islamique. La France a toujours été très active dans cette crise au Levant. Elle est et restera aux avant-postes de la lutte contre Daech.

Quel peut être l’avenir de la coalition internationale, où les Etats-Unis jouent un rôle primordial mais difficilement lisible ?

La France prend toutes ses responsabilités et demande à ses partenaires de rester pleinement engagés dans la lutte contre Daech. Nous oeuvrons aussi pour que le dossier soit porté à l’ONU et au Conseil de sécurité. Il nous faut cependant reconfigurer cette coalition. C’était le but de la réunion ministérielle de l’Otan qui s’est tenue jeudi et vendredi derniers et des nombreux entretiens à cette occasion, notamment avec mes homologues américain, britannique, allemande et turc. Une réunion de la coalition aura lieu prochainement. Car il y a urgence. Le rôle des Etats-Unis qui en sont les premiers contributeurs est crucial, mais il faut absolument le clarifier.

La France garde de l’influence au sein de cette coalition ?

La France reste très impliquée. Notamment en Irak où des Français forment et entraînent les forces irakiennes. Cette présence est d’autant plus justifiée aujourd’hui que des mouvements de terroristes partant de la Syrie vers l’Irak ont lieu et qu’il ne fait aucun doute que les actions terroristes vont s’intensifier au Levant.

Donald Trump n’a pas du tout cité la France pour saluer la mort d’Al-Baghdadi. C’est un affront ?

La France n’a pas participé à l’opération visant à neutraliser Al-Baghdadi. Votre question est donc sans objet./.

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