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Neuvième anniversaire de la révolution syrienne

Neuvième anniversaire de la révolution syrienne

Publié le 16 mars 2020
Déclaration conjointe des gouvernements de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et des États-Unis (16 mars 2020)

Il y a neuf ans aujourd’hui, des dizaines de milliers de Syriens sont descendus dans la rue pacifiquement pour appeler au respect des droits de l’Homme et à la fin de la corruption gouvernementale. Au lieu d’écouter les demandes légitimes du peuple syrien, le régime Assad a réagi par une campagne impitoyable d’arrestations arbitraires, d’emprisonnements, de torture, de disparitions forcées et de violence. Alors que le conflit syrien entre dans sa dixième année, la quête brutale d’une victoire militaire menée par le régime Assad a déplacé plus de 11 millions de personnes, soit près de la moitié de la population syrienne avant la guerre, et a tué plus de 500 000 Syriens.

Le régime Assad doit accepter la volonté du peuple syrien, qui exige et mérite de vivre en paix sans être la cible de tirs d’artillerie, d’attaques chimiques, de barils d’explosifs, de frappes aériennes, de détentions arbitraires de torture, et de privations.

Nous exprimons notre satisfaction face à la libération par la Coalition internationale et les Forces démocratiques syriennes de tous les territoires autrefois contrôlés par Daech. Toutefois, la menace posée par Daech persiste et nous sommes déterminés à poursuivre nos efforts conjoints, par l’intermédiaire de la Coalition, pour assurer sa défaite durable. Nous combattons le terrorisme avec détermination et nous sommes engagés en première ligne dans cette lutte.

Néanmoins, le combat contre le terrorisme ne peut et ne doit justifier des violations massives du droit international humanitaire ou violence ininterrompue. L’offensive militaire acharnée menée par Bachar al-Assad, par la Russie et par l’Iran à Idlib a pour seul résultat de causer davantage de souffrances et une crise humanitaire sans précédent, provoquant la destruction d’infrastructures médicales et humanitaires et la mort de personnel travaillant dans ce domaine ainsi que de civils. Le dernier assaut sanglant mené sur Idlib par le régime Assad, lui-même soutenu par la Russie et par l’Iran, a provoqué le déplacement de près d’un million de civils depuis le mois de décembre. Jamais autant de personnes n’avaient dû se déplacer en si peu de temps depuis le début du conflit. Pour que le récent cessez-le-feu dans le Nord-ouest syrien soit durable, il est nécessaire d’établir un cessez-le-feu national, comme demandé dans la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Malgré les efforts considérables de la communauté internationale, une assistance pourtant vitale ne parvient toujours pas à de nombreuses personnes qui en ont désespérément besoin. En tant que principaux bailleurs depuis le début de la guerre, nous continuerons à soutenir l’aide humanitaire apportée au peuple syrien, notamment au moyen d’une aide transfrontalière qui est une nécessité vitale - et nous exhortons toutes les parties, en particulier le régime syrien et ses alliés, à permettre un accès humanitaire sûr, sans entraves et durable à toutes les personnes qui en ont besoin en Syrie. Toutefois, nous n’envisagerons pas de fournir ou de soutenir une quelconque aide à la reconstruction avant qu’un processus politique crédible, substantiel et véritable ne soit lancé de façon irréversible. En l’absence d’un tel processus, apporter une aide à la reconstruction à la Syrie ne ferait que perpétuer une gouvernance profondément défaillante et arbitraire, accroître la corruption, renforcer l’économie de guerre et aggraver encore les causes profondes du conflit.

Nous encourageons la communauté internationale à continuer de fournir une assistance aux pays voisins de la Syrie, afin de partager le coût de la crise des réfugiés syriens. Les Syriens déplacés doivent pouvoir retourner volontairement et en toute sécurité dans leurs foyers, sans craindre de subir des détentions arbitraires, des violations de leurs droits ou la conscription forcée. Le régime syrien continue toutefois de les en empêcher.

Nous continuerons d’exiger que le régime Assad rende des comptes pour les atrocités qu’il a commises, et nous poursuivrons notre travail visant à identifier et à poursuivre les auteurs de crimes contre l’Humanité, de crimes de guerre et d’autres violations et abus. La communauté internationale doit agir de concert pour soutenir la collecte et la publication de données sur les violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire, ce qui inclut le travail essentiel de la Commission d’enquête des Nations unies, du Mécanisme international, impartial et indépendant des Nations unies et de du Bureau d’enquête du secrétaire général des Nations unies.

La solution militaire espérée par le régime syrien, avec le soutien de la Russie et de l’Iran, n’apportera pas la paix. Nous réitérons notre ferme soutien au processus conduit par les Nations unies à Genève et à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, visant à instaurer une Syrie pacifiée et stable.

Nous, l’Allemagne, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, exigeons du régime Assad qu’il mette un terme aux impitoyables tueries et qu’il s’implique véritablement dans tous les aspects de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, y compris un cessez-le-feu national, une constitution révisée, la libération des personnes détenues arbitrairement, des élections libres et équitables. Un processus politique crédible ne peut se limiter à des tentatives de convoquer un comité constitutionnel. Tous les citoyens syriens, y compris les personnes déplacées et les réfugiés, doivent avoir la possibilité de participer à des élections libres et équitables sous l’égide des Nations unies.

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